dimanche 2 juillet 2017

In My Mailbox #18


In My Mailbox se déroule tous les dimanches. Il a été pris en charge par le blog Lire ou Mourir chez qui sont rassemblés tous les participants.
C'est un moyen de partager tous les livres reçus, achetés ou empruntés chaque semaine.

Livres reçus
(via Melymelo)


Ca faisait longtemps que je n'avais pas fait de troc. Amélie m'a contactée, et trois livres contre trois, me voici en possession de nouveaux romans.
J'ai lu des avis mitigés à propose de Invisibilité mais j'ai quand même eu bien envie d'essayer. En plus, regardez-moi cette belle couverture ! C'est au moins un bel objet.
Que dire de L'épreuve et des Piliers de la Terre sinon que je m'apprête à les lire des siècles après tout le monde - oui, l’exagération est dans mes veines, je suis de Marseille. Les deux tomes sont des coups de cœur pour beaucoup de gens, j'espère cette fois-ci ne pas sortir du lot.


Livres achetés


♦ La colline aux esclaves de Kathleen Grissom ♦
Synopsis : À 6 ans, Lavinia, orpheline irlandaise, se retrouve dans une plantation de Virginie : un destin bouleversant à travers une époque semée de violences et de passions... En 1971, Lavinia perd ses parents au cours de la traversée les emmenant en Amérique. Devenant la propriété du capitaine du navire, elle est envoyée sur sa plantation et placée sous la responsabilité d'une jeune métisse, Belle. Mais c'est Marna Mae, une femme généreuse et courageuse qui prendra la fillette sous son aile. Car Belle a bien d'autres soucis : cachant le secret de ses origines, elle vit sans cesse sous la menace de la maîtresse du domaine. Écartelée entre deux mondes, témoins des crimes incessants commis envers les esclaves, Lavinia parviendra-t-elle à trouver sa place ? Car si la fillette fait de la communauté noire sa famille, sa couleur de peau lui réserve une autre destinée.


Livres... trouvés !


L'un trouvé dans une boite à livre, l'autre sans propriétaire, je ne sais pas si je vais les lire dans l'immédiat mais ils sont là. Pour Héloïse, ouille !, il me semble avoir lu des chroniques de personnes très déçues. Apparemment, tout le livre est une référence à un couple de littérature dont je n'ai jamais entendu parler. Ça risque d'être compliqué. Lire un livre de Katherine Pancol, ce serait sortir de ma "zone de confort". Je m'y lancerai certainement un jour !


Joyeux saison des festival !

BILAN DE MAI-JUIN


Bonjour et voici de nouveau un bilan bimensuel. Je n'ai lu aucun livre durant le mois de mai. En fait, si. Mais c'était surtout des manga en version originale que je lisais dans l'illégalité.
Sinon, je suis enfin en vacances. C'est pas magnifique ? Fini les examens, les prochains que j'aurai seront en mai 2018 si tout se passe bien. J'espère que je réussirai à lire davantage de livres durant l'été. J'attends toujours d'avoir du temps libre pour lire sans m'arrêter, mais il faut constater que le meilleur moment pour lire c'est quand on a plein d'autres choses à faire.
Je pense que cet été va être bien, même très bien ! Et le vôtre ?


Livres lus
Coups de cœur

♦ Carry On de Rainbow Rowell ♦

Peu inspirée par cette histoire que j'avais découverte dans Fangirl, je dois avouer que la version complète est formidable.
J'ai d'abord cru à une parodie - beaucoup d'éléments qui font pense à Harry Potter - et puis à l'arrivée du second personnage principal - Baz ! - tout s'arrange et l'aventure commence. Le début m'a paru longuet - "oui bon ben c'est du copié-collé d'Harry Potter quoi !" - et puis finalement c'est assez original. Et drôle !

Je recommande +++ !







 ♦ La passe-miroir, livre 3 : La mémoire de Babel
de Christelle Dabos ♦
C'est LE livre de 2017. C'est LE livre que j'attendais. Je me suis plongée dedans dès que j'ai eu l'occasion et c'est mon coup de cœur ultime. J'avoue, ici aussi j'ai trouvé la mise en place de l'intrigue un peu longue, mais à la moitié du livre : feu d'artifice ! 

J'ai quand même bien dû relire les deux premiers tomes pour bien comprendre l'intrigue du troisième livre. Dèjà parce que je m'en souvenais plus, et puis parce que pendant ma lecture du 3è tome, il y avait des trucs dont je ne me souvenais absolument pas. 
Christelle Dabos est inventive, elle a su faire évoluer ses personnages et je la remercie de nous faire rêver comme elle le fait.



Chroniques publiées :
Gardiens des Cités perdues, tome 4 : Les Invisibles de Shannon Messenger
Seulement si tu en as envie de Bruno Combes
Mille femmes blanches de Jim Fergus
L'été avant la guerre de Helen Simonson
Entre ici et ailleurs de Vanyda



Les livres en plus dans la PAL : + 6

• L'épreuve, tome 1 : Le labyrinthe de James Dashner
• Héloïse, ouille ! de Jean Teulé
• Les piliers de la Terre de Ken Follet
• La colline aux esclaves de Kathleen Grissom
• Invisibilité d'Andrea Cremer et David Levithan
• Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol

En + sur le blog :
 • Blog Recognition Awards
• C'est Lundi, que lisez-vous ? #16

Les articles du mois :
La petite couturière du Titanic de Les mots de Gwen
Inséparables de Le brocoli de Merlin
La jeune fille à la perle de Les livres de Mylou
The Invasion of the Tearling de La tentation du livre en anglais


Et voilà ! Bon été à vous tous !

lundi 26 juin 2017

Entre ici et ailleurs

Titre : Entre ici et ailleurs
Auteur : Vanyda
Édition : Dargaud
Parution : 2016
Nombre de pages : 192
Synopsis : Coralie a 28 ans, un père laotien et une mère française. Elle vient de se séparer de son copain et habite seule pour la première fois de sa vie. Elle a du mal à sortir de chez elle, à part pour le boulot. Heureusement, son frère qui habite Paris passe la voir régulièrement. 
Quand elle décide de s'inscrire à la capoeira, à la fois par défi et pour se forcer à sortir, elle n'imagine pas, que grâce à ce sport brésilien, elle va en apprendre beaucoup sur ses origines asiatiques...




Avis :  
    J'ai toujours trouvé le travail de Vanyda fascinant. Ses dessins sont toujours magnifiques, ses personnages toujours attachants et ce qu'elle leur fait vivre nous apporte toujours une leçon de vie profitable. J'avais déjà lu la trilogie de L'immeuble d'en face et le one-shot Un petit goût de noisette et ça avait été de vrais coups de cœur. Ici, l'histoire est davantage scénarisée et soulève la question de l'identité des personnes d'origine étrangère en France.

    Coralie est une jeune femme dynamique, volontaire et motivée, mais ces trois traits de personnalité sont inexistants depuis sa rupture avec Rémi. Motivée pour rien, elle arrive quand même à s'inscrire dans un cours de capoeira, avec pour but de se bouger un peu. Là-bas, elle y rencontre des personnes de toutes les origines, notamment Kamel, originaire d'Algérie.

    J'ai adoré le personnage de Coralie : elle est douce, drôle, enthousiaste, motivée et très mignonne. À travers ses yeux, on découvre la capoeira et la culture Laotienne. Je l'ai trouvée touchante dans sa façon de parler de ses origines : elle est à la fois enthousiaste et en même temps incertaine, comme si elle en savait beaucoup sans connaître l'essentiel. Elle adore la cuisine asiatique, et d'ailleurs, rien que de la lire pendant qu'elle parle de la cuisine asiatique, ça m'a donné faim !
   Il est très dur de choisir un personnage préféré durant les 180 pages de lecture, mais j'ai envie de choisir toutes les personnes de l'entourage de Coralie : Kamel, qui est très ouvert et en proie à de grandes interrogations identitaires ; Thibault, son frère sarcastique et moqueur Axel, le collègue toujours en sandales et au visage typé asiatique...

    En parlant de ses origines avec les divers personnages, Coralie est confrontée à deux types de personnes : celles qui comprennent ses interrogations et voire, les partagent et celles qui n'y connaissent pas grand chose et véhiculent des clichés gros comme le monde. Coralie est vue à plusieurs reprises comme "exotique", expression qualifiée plus tard comme "une vision de Blanc". C'est à travers ce type de discussion que l'on prend conscience du racisme implicite que vivent les personnes d'origine étrangère. Vanyda traite le sujet avec intelligence, avec douceur et parfois même avec humour. Elle confronte les Français d'origine française et les Français originaires d'ailleurs, et elle confronte même les Français d'origine étrangère entre eux : c'est par cela que Coralie découvre les différentes cultures de ses amis capoeiristes. 

  J'ai adoré suivre l'évolution de Coralie dans sa quête identitaire et à la fois dans sa quête sentimentale. Les personnages de Vanyda sont toujours tendres et son coup de crayon est simple mais superbe. Ce livre est un petit bijou drôle et émouvant à mettre entre toutes les mains.
   Cette bande-dessinée est un réel coup de cœur et je la recommande chaudement à tous - de toute façon ce n'est pas objectif : je recommanderais bien toutes les œuvres de Vanyda. Je n'avais pas d'attente particulières, ni même d'à priori sur l'histoire, mais le récit a réellement changé ma façon de penser. Va-t-il changer la vôtre ?


Page 37 :

 Cliquez sur l'image pour agrandir

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vendredi 9 juin 2017

La passe-miroir, livre 3 : La mémoire de Babel

Titre : La passe-miroir, livre 3 - La mémoire de Babel
Auteur : Christelle Dabos
Édition : Gallimard
Parution : 2017
Nombre de pages : 496
Synopsis : Deux ans et sept mois qu'Ophélie se morfond sur son arche d'Anima. Aujourd'hui, il faut agir, exploiter ce qu'elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d'informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d'adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ? 





Cette chronique traitre du troisième tome de la saga La Passe-miroir.
/!\ Risque de Spoiler du 1er et 2nd tome


Avis : 
    C'était certainement LE livre que j'attendais le plus cette année parce que c'est LA saga qui me fait autant depuis ma dernière lecture de Harry Potter. Quel plaisir de replonger dans les aventures maladroites d'Ophélie, cette fois-ci sur une autre arche : Babel.

    Ophélie est triste, Ophélie est déprimée, Ophélie se sent seule. Voici presque 3 ans qu'elle n'a pas de nouvelles de Thorn et de tout le Pôle. Après avoir esquivé les plus gros dangers, après avoir touché du doigt le mystère divin, tout est à plat. Ophélie patauge dans ses suppositions, dans sa morne existence. On se serait cru au début du tome 1, sauf que c'est encore plus la déprime. 

    La mémoire d'Ophélie regorge de souvenirs, d'indices, d'hypothèses, alors quand ses amis du Pôle viennent la chercher, elle ne quitte plus des yeux ses objectifs : retrouver Thorn et ainsi découvrir ensemble qui est Dieu, quel mystère entoure la Déchirure ? Son instinct - et quelques indices flous - la guident sur Babel une arche où il fait bon vivre puisque tout le monde est accepté... 
Vous y avez cru ? 

    Dans la première partie du livre, Ophélie mène son enquête en solitaire, plus exclue que jamais par les habitants de Babel. Comme au Pôle, où les amis n'étaient pas vraiment des amis, et où les ennemis pouvaient devenir des complices, ici c'est tout aussi malsain. C'est même encore pire. Les indices que possède Ophélie la poussent à rejoindre "Les virtuoses", groupe d'étudiants talentueux qui cherchent à intégrer l’élite de Babel. 
    Babel est une arche qui m'a mise mal à l'aise. Encore plus que le Pôle - qui pourtant possède une ambiance assez sanglante. Ici, à Babel, pas de sang versé, oh non ! La violence physique est interdite, le passé violent est éliminé, un faux pas et c'est la fin. C'était le malaise pendant plus de 200 pages. On découvre une nouvelle arche mais le contexte dans lequel Ophélie s'évertue à enquêter était difficile. Tous les coups - non physiques - sont permis. 
    Heureusement, Ophélie rencontre des personnages qui redonnent foi en l'humanité : Ambroise, un jeune homme avec les membres inversés, toujours à vivre dans l'ombre de son père et Blazius un sous-pouvoir attachant.

   L'ambiance n'est plus la même parce qu'Ophélie a murit : presque 3 ans durant lequel elle gardait ses secrets, presque 3 ans à attendre un signe de son mari, presque 3 ans à remuer ses idées. On lui donne l'occasion d'agir, elle prend cette chance et l'exploite. Ophélie est plus déterminée que jamais, elle est moins naïve, davantage sur ses gardes, prend conscience de la gravité de la situation. Malgré l'ambiance dans laquelle elle a évolué durant les 200 premières pages, j'ai préféré cette Ophélie. Dans les deux premiers tomes, elle était tête de mule, impulsive ou alors trop discrète et soumise et là, sans pour autant changer de personnalité, elle devient plus affirmée, plus femme.

    Mon cœur a fait énormément de loopings pendant cette lecture : que ce soit à cause de l'intrigue qui ne manque pas d'originalité, à cause de Thorn, plus ouvert que jamais - il reste mon personnage préféré !! - ou à cause des péripéties d'Ophélie, toujours plus troublantes et qui mettent les nerfs à vifs.
    Je ne sais pas si je dois remercier Christelle Dabos pour ça ou pas. J'ai un cœur sensible, moi, madame !
    On peut regretter la presque absence des autres personnages - Archibald, Berenilde, Roseline, Gaelle et Renard - mais par l'intermédiaire de Victoire - la fille directe de Farouk souvenez-vous - on a accès de façon assez originale à ce qu'il se passe sur le Pôle. 

    On va quand même finir par la remercier cette auteure parce que c'est de loin le meilleur roman jeunesse que j'ai lu. J'étais si pressée de me le procurer, je redoutais la lecture autant que je la souhaitais et à la fin : gueule de bois livresque. C'est encore un roman surprenant, un univers encore plus complexe, des personnages auxquels on s'attache, une Ophélie plus mature, un Thorn plus ouvert, j'en redemande !


Page 67 :
"Tandis qu'Ophélie suivait Ambroise, un peu étourdie par son bavardage, elle comprenait de moins en moins cette société où il était bien vu d'expulser une étrangère d'un tramway, mal vu de subvenir aux besoins de son enfant et indifférent à tout le monde qu'une jeune fille se rendit seule au domicile d'un jeune homme. Il lui semblait que ni le Pôle, ni Anima, ni ses manuels ne l'avaient réellement préparée à Babel. Ce monde répondait à des règles tout à fait différentes de celles qu'elle connaissait."

Autres tomes
1 - 2

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Les messagers des Vents, tome 1 de Clélie Avit

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dimanche 4 juin 2017

In My Mailbox #17




In My Mailbox se déroule tous les dimanches, il a été pris en charge par le blog Lire ou Mourir chez qui sont rassemblés tous les participants.
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Livres achetés
[Risques de Spoilers]

♦ La passe-miroir, tome 2 : Les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos ♦
Synopsis : Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifie les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l'entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d'une redoutable vérité.

♦ La passe-miroir, tome 3 : La tour de Babel de Christelle Dabos ♦
Synopsis : Deux ans et sept mois qu'Ophélie se morfond sur son arche d'Anima. Aujourd'hui il lui faut agir, exploiter ce qu'elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d'informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de la modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d'adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre change de retrouver la trace de Thorn ?

En fait, j'avais déjà lu le tome 2 de la saga La passe-miroir. À l'occasion de la sortie du tome 3, je me suis procurée les deux derniers tomes. Ça me permettra de me replonger quand je le souhaite dans les aventures d'Ophélie et de Thorn. En parlant du troisième tome, j'espère qu'on verra quand même Thorn parce que c'est mon personnage coup de cœur - oui c'est bizarre. Et pour ceux qui n'ont pas commencé cette saga, c'est le moment !

Actuellement dans les Alpes, j'espère que vous passez un très bon week-end de Pentecôte.

vendredi 2 juin 2017

L'été avant la guerre

Titre : L'été avant la guerre
Titre original : The Summer before de War
Auteur : Helen Simonson
Traduction : Odile Demange
Édition : Nil
Parution : 2016
Nombre de pages : 631
Synopsis : Été 1914, dans la campagne anglaise. La gentry de Rye reçoit pour un pique-nique sur le gazon fraichement tondu. Les ombrelles et les chapeaux sont de sortie et c'est l'occasion pour Beatrice Nash, vingt-trois ans, nouvelle professeure de latin récemment débarquée dans la petite ville, de faire plus ample connaissance avec les personnalités locales. Elle est chaperonnée par Agatha Kent, dont les deux neveux, Daniel et Hugh, ne la laissent pas insensible, bien qu'elle ait fait vœu de célibat. Orpheline et sous la tutelle d'une famille bien-pensante, Beatrice veut gagner son indépendance et devenir écrivain, des choix audacieux pour une jeune fille sans le sou en ce début de siècle. Ses projets, comme ceux de tous les habitants de Rye, vont être bouleversés par l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne. La petite communauté accueille les premiers réfugiés et les hommes s'engagent. Beatrice voit partir Hugh avec un sentiment qu'elle peine à nommer...


Avis :
    J'avais ajouté ce livre  à ma Wish-List après avoir vu la chronique vidéo de Léa il y a maintenant presque un an - je crois ! - je n'ai pas mis si longtemps à l'ajouter à ma Pile À Lire - contrairement à d'autres livres qui traînent encore. Il me fallait beaucoup de temps libre pour me plonger dans ce roman de plus de 600 pages.

    Beatrice est donc une jeune professeure de latin, embauchée à l'école de Rye. Les femmes à cette époque sont rarement promues au poste de professeur et surtout quand elles enseignent le latin. Beatrice obtient son poste après avoir été en quelque sorte "pistonnée" par Agatha Kent, qui a mis en avant les bienfaits du latin sur les élèves les plus en difficulté. Logée dans une toute petite chambre tout juste abandonnée par l'ancien professeur, Beatrice se familiarise petit à petit avec sa ville d'adoption.
    De nature polie, discrète et consciente de son absence de charme, Beatrice indique avoir fait vœu de célibat, choix difficile quand elle se retrouve orpheline et sans contrôle concret de ses biens. Elle met tout en œuvre pour prouver aux habitants du petit village de Rye - assez fermés d'esprit - qu'elle peut arriver à quelque chose sans être forcément riche ni mariée. J'ai beaucoup aimé Beatrice parce qu'elle était calme, fière de son parcours et complètement déterminée. Sauf sur ce qui concerne ses sentiments.

    Mon personnage préféré reste Hugh : loin d'être le prince charmant dont vous rêvez - et loin d'être celui dont rêve les jeunes filles de l'époque - c'est aussi un jeune homme déterminé qui souhaite être médecin. Dans les bonnes grâces du meilleur chirurgien de la région, il s'évertue à courtiser sa fille qui se trouve être d'une effroyable impolitesse. Mesdames, Messieurs, éveiller les sentiments de quelqu'un dans le simple but de gonfler votre égo, c'est pas bien. Si la mademoiselle avait été l'héroïne du roman, c'était foutu !
La guerre bouscule les projets de tous : Hugh et son rêve de devenir médecin, Daniel et son rêve de devenir un poète accompli et Snout et son rêve d'obtenir une bourse d'étude.
Les personnages de Daniel et de Snout ont été les plus touchants. Daniel est un jeune homme sensible et rêveur, qui a du mal à garder les pieds sur terre. Snout est un jeune garçon dont la famille issue de la communauté des gens du voyage reste dans les environs de Rye depuis des années. Il veut bousculer les préjugés associés à sa communauté et se démène tout le long du roman pour cela. 

    Bien que le roman soit parfois longuet, c'était un plaisir de suivre la vie de Rye, juste avant la guerre. On voit lentement la guerre s’immiscer dans le quotidien des habitants, la prise de conscience arrive petit à petit, comme souvent en situation de guerre. Parfois, j'ai trouvé que les problèmes aboutissaient à des résolutions faciles mais ça n'enlevait rien au charme du récit. Comparée au reste du récit, la fin est assez rapidement expédiée. Le récit est assez bien développé, les éléments sont placés, ils durent le temps qu'il faut... et la fin. Cependant ça n'a pas été un élément qui me fait détester ma lecture non plus, puisqu'elle reste très émouvante.

    Avec ce roman, on replonge beaucoup plus dans l'Angleterre du début du XXème siècle que dans une ambiance de guerre. Ça a un côté apaisant, le calme avant la tempête. L'ambiance devient de plus en plus tendue et heureusement que les personnages restent fidèles à eux-mêmes. Ils évoluent, ils s'assombrissent, mais j'ai vraiment aimé me plonger dans leur quotidien, dans les interrogations sentimentales de Beatrice et de Hugh. Je recommande fortement, en plus, c'est parfait à lire dans la chaleur de l'été.


Chapitre 20, pages 407- 408 :
"Beatrice reconnut les pas lents et le dos vouté de la femme du poissonnier, dont le fils avait été parmi les victimes des premiers combats de la Force expéditionnaire. Elle se rappelait la fierté des parents devant leur jeune soldat déjà sous les drapeaux depuis quelques années, l'intérêt et le respect enthousiastes que la ville leur avait manifestés au cours des premières semaines, quand la soif d'informations et la possibilité de se sentir plus proche de l'action avaient transformé la poissonnerie en une riche d'activité et de cancans. La pauvre femme semblait à présent vieillie de dix ans, et les affaires périclitaient, de nombreux habitants cédant à l'insensibilité instinctive qui es poussait à éviter les familles endeuillées. 
Beatrice avait observé le même phénomène dans le village de sa tante. Pour chaque personne qui s'arrêtait, lui adressait un sourire de compassion et lui disait un mot bienveillant à propos de son père, combien se détournaient vers la vitrine des boutiques ou traversaient précipitamment la rue, baissant leurs parapluies pour masquer leur visage ! Et plus tard, quand ils ne pouvaient pas l'éviter, ils se déclaraient surpris de l'avoir vue aussi rarement."

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mardi 30 mai 2017

Mille femmes blanches

Titre : Mille femmes blanches
Titre original : One thousand white women
Auteur : Jim Fergus
Traduction : Jean-Luc Piningre
Édition : Pocket
Nombre de pages : 495
Synopsis : En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart vient en réalité des pénitenciers et des asiles... L'une d'elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l'agonie de son peuple d'adoption...


Avis :
    Bien que j'ai beaucoup entendu parler de ce livre, je ne m'étais pas spécialement arrêté dessus. Le synopsis, à première vue, ne me tentait pas plus que ça. La littérature américaine, en général, ça attire peu mon attention et même si ma curiosité était titillée par le principe de "l'échange de femmes", ce n'était pas suffisant pour me convaincre. Cependant, j'ai fini par l'acheter - je voulais sortir de ma zone de confort, et j'ai bien fait, puisque c'est un coup de cœur !

    May Dodd est une jeune femme internée en hôpital psychiatrique pour la raison suivante : c'est une débauchée. Elle aime trop les hommes. Pauvre folle ! Vous rendez-vous compte mes amis ? Elle aime séduire et être séduite, ue va-t-on faire d'elle ? Elle est perdue. Elle se retrouve loin de ses deux enfants, confiés aux grands-parents - bravo les génies ! May ne rêve finalement que de liberté et quand elle entend parler du programme "d'échange" proposé par le gouvernement, elle fonce dans le tas. Elle part donc avec une centaine d'autre femmes, à la conquête du mariage avec les Cheyennes.

    J'ai adoré le personnage de May : véritable vilain petit canard dans sa propre société, elle cumule tristesse et rancœur vis-à-vis de ses proches qui l'ont jadis laissée tomber - ne jetons pas la pierre. Néanmoins, elle ne manque pas de répartie et fait preuve d'humour dans beaucoup de situations. Même si la plupart des femmes sont effrayées par la perspective d'arriver dans une nouvelle contrée auprès d'un peuple inconnu, elle est une des seules à se montrer calme, réfléchie, prête à faire au mieux, non pas pour son peuple, mais pour son pays. 
    Les femmes qui l'accompagnent ont été, pour la plupart, sorties d'asile ou de prison par le gouvernement afin de remplir les quotas qu'exige le chef Little Wolf. Les femmes sont donc des hors-la-loi ou des femmes considérées comme aliénées, en recherche d'une nouvelle vie. J'ai particulièrement aimé Phémie, jeune femme noire, fille d'une ancienne esclave, forte et déterminée évoluer auprès d'une population elle aussi rejetée. On trouve aussi les jumelles rousses, condamnées pour des larcins, indomptables et indiscrètes. Les femmes se retrouvent ici sur un même pied d'égalité, prêtes pour démarrer une nouvelle vie que l'auteur nous détaille merveilleusement bien.

    À travers ce livre, Jim Fergus réussit à dénoncer les mauvais traitements infligés aux Indiens d'Amérique par le gouvernement américain : Little Wolf demande 1000 femmes blanches à marier avec son peuple, ce qui permettra à sa nouvelle génération de s'intégrer plus facilement, et dans le meilleur des cas, ne former qu'une seule population américaine. À travers les yeux de May Dodd, l'orgueil, le racisme, la fierté et la supposée omnipotence du peuple blanc ressort davantage.
    On découvre la culture cheyenne, fondée sur le respect du vivant et de l'environnement. Les femmes blanches ont pour mission d'enseigner les pratiques plus "modernes" aux femmes indiennes, mais il semble que les femmes blanches aient davantage à apprendre des femmes indiennes. May Dodd et ses amies sont "adoptées" par leur nouvelle tribu, attachante, soudée et loyale. Elles acquièrent de nouvelles valeurs, détruisent leurs préjugés et bénéficient enfin du respect qu'elles méritent. La confrontation des deux peuples est captivante et observer cela à travers les yeux d'une femme permet de souligner encore plus de disparités.

    La plume de l'auteur est le dernier point fort que je tenais absolument à souligner. J'ai un autre livre de Jim Fergus dans ma bibliothèque et j'avoue que le synopsis ne m'a pas plus captivée que cela, mais après avoir découvert sa plume, l'histoire risque d'être intéressante, ou en tout cas, si le type d'écriture est le même que dans Mille femmes blanches, j'ai l'espoir d'y trouver de nouveau des phrases magnifiques avec un vocabulaire riche et des réflexions approfondies. J'ai eu du mal à choisir la citation du livre que je mettrais en fin d'article. Finalement, j'ai pris la plus courte parmi celles choisies. J'ai tellement aimé le phrasé que j'ai dû prendre en photo les 3/4 du livre.

    Ce livre est une pépite. On apprend à la fois sur la culture indienne, sur l'Histoire des États-Unis et surtout, il est très représentatif de ce dont est capable l'être humain. Le personnage de May Dodd est idéal pour une immersion complète dans ce nouveau monde et je suis réellement contente d'avoir acquis ce livre au riche phrasé. Si vous ne l'avez pas encore entre les mains, qu'attendez-vous ?


Chapitre 1, page 75 :
"Franchement, vu la façon dont j'ai été traitée par les gens dits "civilisés", il me tarde finalement d'aller vivre chez les sauvages. J'espère qu'eux, au moins, sauront nous apprécier."

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